les silences chargés

voyance olivier

Au cœur des ruelles labyrinthiques de Makoko, quartier flottant de Lagos, les voix se mêlaient aux klaxons, aux cris des détenteurs, aux sons métalliques des barques qui s’entrechoquaient. Là, tout s’échangeait : produits, visionnaires, rumeurs. Et c’est dans cette cacophonie vivante qu’Abeni installa son modeste ressort, par-dessous une toile décolorée, avec pour propre dispositif une poignée de cauris prêts dans une margoulette passée. En six ou sept occasions, elle mit en sa place ce qui allait être l’un des services les plus consultés de la marge : la meilleur voyance audiotel. L’idée était facile. Une ligne téléphonique, explicable pendant tout le quartier, relayait la voix d’Abeni dans les oreilles de ce que cherchaient des explications. Sa voyance ne reposait pas sur des cartes ni sur des étoiles, mais sur la saleté des cauris, ces fruits de mer surnaturels utilisés depuis très longtemps dans les traditions yorubas. En attachant cette technique désuète à la technique locale, elle créa une passerelle inattendue entre le visible et l’invisible. Ceux qui appelaient affirmaient ce fait inespéré d'avoir consulté la meilleur voyance audiotel du marché, captivés par la précision de ses visions. Rapidement, les consultations se multiplièrent. Pêcheurs, commerçants, chauffeurs de moto, tous voulaient appréhender les comètes. Chaque consultation devenait un récit. Abeni, sans jamais produire son franc de bois, transformait le désordre urbain en théâtre de la divination. Ses cauris chantaient sur la surface de la bobine, révélant l'anxiété à venir, les unions indésirables, les chemins à ne pas faire. Et dans ce marché saturé de paroles, sa voix devint l’écho le plus recherché. Beaucoup prétendaient qu’elle incarnait la meilleur voyance audiotel jamais entendue dans les rues de Lagos. Mais ce qui commença par exemple un bienfait nonne devint bientôt une donnée d’influence. Certains trafiquants commencèrent à consulter Abeni évident de déplacer leurs marchandises. D’autres modifièrent leur mulsion par rapport à ses conseils. Sans le opter pour, elle avait écrite un élément de bascule. Son assistance de meilleur voyance audiotel agissait désormais sur les flux radiodiffusion du présent local, brouillant les hiérarchies précises. Ses messages redessinaient l’invisible et, par répercussion, le concret. Dans les nuits moites, sa ligne ne désemplissait pas. Les cauris continuaient à tomber, insistant des avenirs présentes. Et sur les eaux problèmes de Makoko, Abeni devint bien plus encore qu’une simple médium : elle devint la voix par lesquels passait l'avenir. Toujours secrète, mais au cœur de tous les déplacements. La meilleur voyance audiotel, ceci étant du à les personnes d'âge mûr, était ce qui ne prédisait pas seulement le lendemain, mais l’incarnait.

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